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mardi 10 février 2009

Analyse technique VS Analyse fondamentale

Je ne suis pas un grand défenseur de l'analyse technique et reconnaît plusieurs de ses faiblesses, mais je suis tout de même conscient que cette stratégie peut avoir une certaine utilité complémentaire dans la détermination de tendance si elle est utilisée avec prudence. Elle propose une approche basée sur l’analyse du comportement des investisseurs plutôt que sur l’étude des rapports annuels et perspectives de profits des entreprises (analyse fondamentale). Par l’analyse des graphiques, il est possible de dégager des tendances et découvrir des indicateurs qui permettent de prévoir la variation future des prix et le comportement des investisseurs, dont les décisions sont plus souvent émotives que rationnelles. Le credo de l’analyse technique est d’acheter dans des creux et vendre au sommet de la vague. Sachez que faire du "market timing" vous coûtera sans doute très cher à long terme et nous devons de plus considérer qu'une série temporelle de prix sur une action ou un indice ne suffissent pas à projeter des prévisions rationnelles.

Rappelons que les tendances tracent la direction d'un titre et représentent la base de l'analyse technique. Qu'elle soit bullish (haussière) ou bearish (baissière), il est possible de déterminer la force de la tendance en observant le nombre de points de contact et le volume. Par exemple, un volume qui augmente considérablement est bon indicateur de popularité et peut-être le signe d'un changement important au sein de la compagnie. En d'autres mots, cette méthode porte sur l'analyse du graphique et du comportement boursier des titres, sans vraiment tenir compte des données fondamentales comme la croissance, les perspectives ou les ratios financiers.

Par ailleurs, la moyenne mobile aide à déceler les tendances à la hausse ou à la baisse à la lumière des moyennes successives traçant une courbe sur le graphique. La moyenne mobile sert à aplanir la courbe du cours du titre et réduire l’effet des forts mouvements de hausse ou de baisse. Par conséquent, nous faisons abstraction des fluctuations passagères prononcées. Bref, l’idée de fond est de tirer profit d’un changement de direction de la tendance.

Il est impossible de réaliser des gains significatifs sur une longue période puisque les marchés sont efficients et totalement imprévisibles. Compte tenu de l'efficience des marchés, l'analyse technique ne serait faire mieux que le pur hasard et comme vous le savez, la bourse n'est pas un casino. Certains prétendent que l'analyse technique n'enrichit que les vendeurs de logiciels et de livres qui servent de perfectionnement dans l'observation des mouvements de prix et des volumes de transaction.


À ce jour, aucune étude n'a réellement démontrée que l'analyse technique pouvait donner des rendements supérieurs à la normale. Acheter un panier d'actions pour le conserver pendant plusieurs années fait beaucoup mieux en terme de rendement et ce, sans le moindre effort. Si vous employez cette stratégie d'analyse dans le but de battre le marché, sachez qu'il serait préférable de piger au hasard les titres que vous allez acheter. Si vous voulez doubler votre argent en un court laps de temps, misez le dans les casino au risque de tout perdre.


À l'opposer, de grands investisseurs comme Warren Buffett, Benjamin Graham, Templeton et Lynch ont connu un immense succès grâce à l'analyse fondamentale, qui repose sur un horizon de placement à long terme et qui consiste à être toujours présent dans le marché, même dans les mouvements de panique. De ce point de vue, il s'agit d'analyser les fondamentaux d'une entreprise comme leurs perspectives, leur situation financière ou les ratios, et tenter de déterminer la valeur intrinsèque, soit le juste prix de l'action. L'analyse fondamentale suppose également que le marché n'est pas totalement efficient, c'est-à-dire que le prix ne reflète pas toute l'information déjà disponible.

Dans un premier temps, il s'agit de se tourner vers les secteurs favorisés par les conditions économiques et choisir les compagnies oeuvrant dans cette même industrie présentant les meilleures perspectives de croissance. Tout comme l'analyse technique, elle demande beaucoup de temps et de recherche et sachez qu'il est toujours impossible d'être complètement rationnel en ce qui concerne le futur. Cette stratégie laisse donc beaucoup de place à la subjectivité. À vous de faire vos devoirs!


Voici une liste des éléments qui peuvent être considérés dans l'analyse fondamentale:

- Revoir le dernier rapport annuel de l’entreprise pour prendre connaissance des projets et des anticipations de l’entreprise.

- Analyse du bilan : Il est de plus en plus intéressant de s’attarder au bilan de l’entreprise et de porter une attention particulière au niveau de dette des entreprises. Nous sommes parfaitement conscients qu’il est difficile actuellement d'aller chercher du nouveau financement et les modèles d'affaires qui sont basés sur l'accès de capitaux faciles sont présentement en péril puisque les taux d'emprunt bancaires augmentent sans arrêt. Vous avez donc raison de vous inquiéter des compagnies fortement endettées.

- Acid Test : Fondamentalement, l’entreprise doit être capable de faire face à ses engagements à CT avec de l’actif à CT. En d’autres mots, c’est la viabilité à court terme de l’entreprise. Il est possible de vérifier cet aspect à l’aide de l’Acid test. Cette mesure est obtenue en soustrayant l’inventaire de l’actif CT et en divisant par le passif CT. Idéalement, il devrait être plus élevé que 1.

- Comparer le bénéfice net à celui du secteur pour vérifier la position de l’entreprise par rapport aux autres. Par contre, il faut être conscient que le bénéfice net n'est pas un très bon indicateur de rentabilité. Ce n'est pas parce qu'un individu respire (cf. le bénéfice net) qu'il est en santé (cf. rentabilité).

- La marge brut/ventes et la marge net/ventes comparées à celles d’entreprises du même secteur peut certainement nous donner une idée du positionnement de l’entreprise par rapport aux autres.

- Le rendement sur l’actif (profits/actifs) donne une bonne indication de l’utilisation efficace des ressources de l’entreprise.

- Le rendement sur l’avoir des actionnaires (profits/avoirs des actionnaires ordinaires) est intéressant, car il donne une bonne indication de l’enrichissement des actionnaires. Plus l’avoir des actionnaires est faible, plus le passif est grand. Par conséquent, cela nous donne une indication sur le niveau d’endettement en le comparent au rendement sur l’actif.

- Le ratio Price/Earnings (cours/bénéfice), sans doute le plus utilisé, n'est qu'un simple indicateur de profitabilité, une règle du pouce qui ne peut servir qu'à évaluer le prix d'un titre et qui oblige les investisseurs à ramener leurs analyses sur du court terme. On l'obtient en divisant le cours de l'action par les bénéfices par action (BPA) de l'entreprise, tout en s'assurant que les bénéfices excluent toutes pertes ou gains extraordinaires. Si nous payons 15 ou 30 fois les profits prévus, ça ne signifie pas grand-chose si on ne connaît pas le secteur dans lequel la compagnie évolue. Un P/E élevé représente une forte croissance future anticipée, on peut donc s’attendre à des rendements supérieurs pour les années à venir. Par conséquent, nous devons user de notre bon jugement et il est toujours pertinent de comparer le « price/earnings » avec une autre compagnie du même secteur.

- Le Price/Free cash flow ratio permet d’évaluer les montants d’argent pouvant être distribués aux investisseurs ou réinvestis dans l’entreprise.

- Le ratio PEG (cours-bénéfices/taux de croissance) est intéressant, car plus le PEG est élevé, plus la croissance anticipée est élevée.

- Le cours/valeurs aux livres : la valeur aux livres d’une action ordinaire, aussi appelée valeur comptable, indique un ordre de grandeur de la valeur unitaire de ses actions. Si ce ratio est inférieur à 1, nous avons peut-être une indication que l’entreprise est dans une phase de décroissance.

- Le Ratio de couverture nous démontre combien de fois l’entreprise peut payer l’intérêt sur sa dette. Il permet aussi de voir si les d’intérêts représentent une portion importante des dépenses fixes de l’entreprise. Plus les frais sont importants, plus une éventuelle diminution de vente peut devenir problématique.

- Ratio dette/capitaux propres : La croissance est habituellement soutenue par l’endettement. Si le ratio est élevé, cela ne veut pas nécessairement dire que l’entreprise est non rentable.

- Le cœfficient Bêta nous indiquera si le titre évolue, globalement, dans les mêmes proportions que l’ensemble du marché. Par exemple, plus l’indice Bêta d’une action est supérieur à 1, plus ce titre est volatil. Un Bêta inférieur à 1 est caractéristique d’un titre moins sujet aux fluctuations que l’ensemble du marché.


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